L’obscurité était suffocante, suintant des odeurs inconnues inspirées par un levant qui n’en finissait pas. Des tonnerres extravagants percutaient les nuées et semblaient rouler par-dessus le ciel jusqu’à l’infini. La Vallonée, parsemée de mâts se fondant dans l’invisible, attendait, fébrile…
Le général Poil de Fesse scrutait l’horizon de ses gigantesques jumelles, peinant à l’interpréter. C’était un trou noir. Il marmonnait, brassait son imagination, depuis les ballons de fèces l’ennemi n’en finissait pas d’innover…
Le moral du bataillon Barrebouses était au plus bas. Les drones suppositoires de l’opération endiguement revenaient tels des boomerangs, envahissant le camp. Initialement destinés aux fions de l’ennemi, leur effet trop rapide les avait grillés dans un capharnaüm nauséabond. La technologie était maintenant renvoyée, améliorée.
Poil de fesse se tenait haut devant la ligne dont il avait toujours rêvé, protégé par son atout et prêt à remonter le moral de ses chiards. Il sentit une main molle se poser doucement sur son épaule. C’était le colonel de Grenouille.
– PDF. C’est le moment.
Ils descendirent le talus et vinrent à la rencontre du lieutenant Animal.
Le blasé lieutenant, posé las sur sa chaise à l’entrée de la baraque, tirait sur un gros cigare veineux tout en regardant son téléphone portable. Il se leva, salua les officiers et ouvrit la porte qui dévoila l’imposante figure du Major General Bigshit.
Le chef allié salua Poil de Fesse d’un « Buddy » retentissant. Fort de ses 200 kilos, Bigshit se vantait d’avoir deux énormes fesses, l’une woke et l’autre maga, ornées d’un tatouage de Judith Butler coté gauche et d’Elon Musk coté droit, démontrant ainsi sa dévotion transpartisane à sa patrie. Il n’hésitait pas à les exhiber furieusement à son bataillon quand les querelles politiques le divisaient, expliquant à satiété que ses tatouages renforçaient la puissance de ses fesses, capables d’expulser d’un coup de pression des missiles qui terroriseraient l’ennemi.
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