Le général Poil de Fesse préparait une entrée fracassante dans le cabinet du ministre. La démarche clopinante mais volontaire, sa stature de colosse raidie par son éternel balai dans le fion, ses pas résonnaient comme une pluie d’obus percutant le champ de bataille.
Les photos ne mentaient pas : une brigade d’histrions rachitiques était aux frontières du pays, culs nus, confectionnant une nuée de ballons de selles. Ils déferleraient sur la nation au premier vent d’est et entraineraient sa capitulation. Il serrait fermement les clichés, lui vivant, cela n’arriverait pas, foi de Poil de Fesse dont les ancêtres avaient jadis conquis la vallée de l’Anus.
Le ministre Petite Roupette somnolait, engoncé dans son cabinet toto, prolongeant sa pause, ses hémorroïdes caressés par le doux jet relaxant, il entendit s’approcher la démarche terrifiante du chef d’Etat major. Il tira la chasse, évacua les boulettes et alors qu’il boutonnait son pantalon, vit la serrure voler brutalement en éclats et la porte fracturée laisser apparaître le colosse qui le fusillait du regard.
Il tendit, sans un mot, le bras tendu et ferme, les dernières photos de l’agent Clarinette, et après quelques secondes les jeta au visage du ministre en hurlant : « Je ne laisserai pas faire ça ! Foi de Poil de Fesse ! ». Petite Roupette ramassa les clichés, finit de boutonner son pantalon et accompagna le général à son bureau.
L’heure était grave, l’ensemble du cabinet se réunissait, il y avait le commandant Pétard, Madame Gros Robert, l’attaché Truffe, les inséparables Boulle et Baguette et Monsieur Patate du service actions exubérantes. L’attaché Truffe ne suivait pas, l’esprit à sa soirée consulaire de la veille… déguisé en fauve il s’était retrouvé pris en étau entre un monstre orange et un cube magyar, avant de travailler les rombières les plus gonflées des 5 continents.
Le commandant Pétard suggéra de négocier, et demander à l’allié des lanceurs de fèces de faire pression sur lui. Le pays y disposait toujours d’une représentation, et avait même pu ouvrir un sex-shop dans l’ambassade, outil stratégique de renseignement et d’influence. L’ambassadeur Petizizi, très introduit, accompagné de Terminator, pourrait recevoir l’agent Truffe et négocier un compromis.
L’heure n’était pas encore aux coups de pieds aux fèces, qui pourraient pensaient-ils constituer une escalade menant aux gros missiles, aucune convention ne donnait de réponse adéquate à une telle attaque et il fallait préserver la si précieuse ambiguïté stratégique.
Les discussions s’éternisaient quand Poil de Fesse bondit de sa chaise : « Des couilles ! Des couilles ! Et encore des couilles ! ». Il fit valdinguer la table basse et tressauter monsieur Patate. « Ils ne comprennent que la force ! Attaquez bande de péteux ou vous les aurez vos gros missiles ! »
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